
Le Syndicat des Pharmaciens Privés du Sénégal (SPPS) exprime sa vive préoccupation face aux pressions exercées par certaines structures de santé privées pour contourner le circuit légal d’approvisionnement en médicaments. Dans un contexte où la sécurité des patients est en jeu, le syndicat rappelle que le monopole pharmaceutique est le seul rempart contre l’anarchie sanitaire.
Un système de distribution rigoureux menacé :
Au Sénégal, la distribution des produits de santé repose sur une architecture stricte destinée à garantir la qualité de chaque boîte de médicament qui arrive au patient. Ce système s’articule autour de deux circuits bien définis :
Le Circuit Public : Où les médicaments transitent de la Pharmacie Nationale d’Approvisionnement (Sen-PNA) vers les Pharmacies Régionales d’Approvisionnement (PRA), pour finir dans les hôpitaux et centres de santé publics.
Le Circuit Privé : Où les grossistes-répartiteurs s’approvisionnent auprès des laboratoires pour livrer exclusivement les pharmacies d’officine. Ce sont ces mêmes pharmacies qui assurent ensuite la vente uniquement de médicaments d’urgence aux structures de santé privées (cliniques, cabinets.. ) et à la vente au détail du grand public.
La clinique, le cabinet médical ou paramédicale ne sont pas des officines et ne doivent détenir que des médicaments d’urgence dans leurs structures.
Le SPPS dénonce avec force les tentatives actuelles de certaines structures de santé privées de s’approvisionner directement chez les grossistes, court-circuitant ainsi l’étape de l’officine.
Le syndicat rappelle les principes fondamentaux :
Le stock d’urgence uniquement : Les structures privées (cliniques et cabinets) n’ont pas vocation à stocker des médicaments en grande quantité. Elles ne doivent détenir que des “produits d’urgence” nécessaires aux soins immédiats, produits qu’elles doivent obligatoirement acquérir en pharmacie.
L’absence de vente au détail : Les cliniques ne sont pas des établissements de vente au détail.
Autoriser ces structures à acheter directement chez les grossistes ou à la SEN-PNA reviendrait à leur donner un rôle de pharmacien sans les contraintes réglementaires et la surveillance professionnelle qu’implique la gestion d’une officine.
Les risques majeurs d’un changement de réglementation:
Le SPPS avertit le Ministère de la Santé : toute modification de la réglementation par arrêté pour satisfaire des demandes sectorielles mettrait en péril la chaîne de sécurité sanitaire.
Perte de traçabilité : Sans le contrôle rigoureux du pharmacien d’officine, le risque de voir des médicaments contrefaits ou mal conservés s’introduire dans les structures de santé privées augmente de manière exponentielle.
Fragilisation du réseau : Le monopole du pharmacien n’est pas un avantage commercial, mais une garantie pour le patient d’avoir accès à un médicament sécurisé partout sur le territoire.
La détermination du SPPS:
Le Syndicat des Pharmaciens Privés du Sénégal suit de très près les pressions exercées sur les autorités pour l’obtention d’un nouvel arrêté. Le SPPS ne restera pas inerte face à ce qu’il considère comme une menace directe pour la santé des Sénégalais et une violation des prérogatives de la profession pharmaceutique.
« Nous n’accepterons pas que le médicament devienne une simple marchandise stockée hors de tout contrôle pharmaceutique indépendant », martèle le syndicat. Le SPPS se dit prêt à utiliser tous les moyens légaux pour s’opposer à toute tentative de dérégulation du secteur.
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